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L’actualité des Membres de la librairie

François GASTINEAU

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A la suite de mes études supérieures à Paris, je suis devenu professeur de physique. J’ai d’abord enseigné deux ans au Maroc en coopération puis en région parisienne. Depuis une quinzaine d’années, j’exerce en Normandie. J’écris depuis une bonne dizaine d’années. J’ai publié une première fois il y a quelques années et tout récemment ici, à la Librairie des inconnus avec laquelle je compte poursuivre ma collaboration en vue de prochaines publications.


YS et ZIS

La librairie des inconnus

 

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Je vais mourir je le sens, Rocade Nord de Beauvais, mercredi 26 novembre […], qu’est-ce qu’elle m’avait écrit déjà en provenance de Zagreb vitesse de la lumière ? Un homme, victime d’un accident de voiture, se remémore pendant le temps des secours tout le mois passé écoulé sur le net. Il y a retrouvé sa première amoureuse. Il s’appelle François et vit en Normandie, elle s’appelle Nolwenn et vit en Croatie.

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Du même auteur :

La dame de Haute-Maison

REGNES

POEMES


25/06/2015
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La dame de Haute-Maison

La librairie des inconnus

 

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La grille était ouverte alors il est entré.


Telle est la première phrase de ce livre.
Un homme se rend plus de cinquante ans après sur
les lieux de l’accident qui a causé le décès de son père.
Muni du vieux procès-verbal de gendarmerie de l’époque,
il va faire en une journée des découvertes surprenantes.
Et puis il y a une jeune fille mourante sur son lit d’hôpital qui attend …

 

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Du même auteur :

YS et ZIS

REGNES

POEMES


13/05/2015
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05 Août 1951

 

05 AOUT 1951 428X270.jpg

 

 

 

« Je crois que je suis amoureux. » Toute histoire a une fin, mais certaines histoires ne meurent jamais et celle-ci est l’une d’elles. A travers des lettres, on rentre dans un monde intime, un monde d’amour naissant, de poésie, de passion, de jeunes frustrations et de rêves inachevés.

 

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Ys et Zys

La dame de Haute-Maison

 

 

 


18/01/2016
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REGNES

La librairie des inconnus

 

Règnes

 

Je suis né à Vouziers département des Ardennes le 8 décembre 1954 - c’est ma date de naissance - de Jacques et Pauline. Jacques, mon père,  trouva brutalement la mort sans l’avoir vue venir en plein jour d’une voiture par l’arrière quelques années plus tard. C’était à Rambouillet, Seine-et-Oise à l’époque, Yvelines désormais, le 11 novembre 1958. Nous sommes aujourd’hui le dimanche 25 septembre 2011 et depuis avant-hier, par conséquent depuis vendredi, j’ai vécu un nouveau changement brutal.

Une fois ces dates posées, je peux dire, sans aucune exagération, que ma vie est partagée en trois parties qu’on peut dater comme on le ferait pour les années de règne de trois rois successifs à savoir, je note consciencieusement, 8 décembre 1954 -11 novembre 1958, je vais dire François 1er bien sûr, 11 novembre 1958 -23 septembre 2011, François II maintenant en appliquant la coutume royale qui consiste à reprendre le nom du roi précédent comme ce fut le cas aux XVIIème  et XVIIIème siècles avec la succession des Louis et 23 septembre 2011 - 25 septembre 2011, François III donc. La dernière période devrait logiquement  s’étoffer avec le temps qui court. Mais c’est parce que je ne suis pas sûr qu’elle se prolonge, bien que je le souhaite au-delà de toutes les limites envisageables, que j’écris. Si tel malheureusement ne devait pas être le cas, ces lignes seront les traces d’un règne fugace que je pourrai relire plus tard, je l’espère, sans éprouver de honte ou sans ressentir un triste amusement vis-à-vis de moi-même. Comme un testament en suspens en quelque sorte.

L’état de grâce est parti, il n‘aura duré que deux jours et trois nuits et la douleur est  revenue. Où s’en est-il allé ? Où s’était-elle cachée ? J’observe, à la lecture des lignes de dimanche, que j’ai vécu ces quelques jours de manière naïve et passive en sachant que tout pouvait disparaître et en ne tirant aucune conclusion sur une quelconque action à entreprendre. Mais était-ce possible et comment le savoir ? Je voudrais tant que mon père soit présent, mort ou vivant. Mort tel un gardien de phare de haute mer invisible dont on sait de la terre la présence dans la nuit  par la lumière que le miroir renvoie ou vivant lors de la relève attendue et qu’à terre devant moi, il s’étonne, points d’exclamation, ou bien qu’il s’interroge, points d’interrogation. Qu’avec fierté, il cite ouvrez les guillemets Aragon. Ou Stendhal. Et tous les autres sentiments aussi avec leurs virgules, leurs points-virgules au maniement délicat, leurs tirets et leurs parenthèses, leurs points de suspension, et aussi leurs accents, les aigus, les graves et les circonflexes et les règles de grammaire du participe passé des verbes pronominaux parce que  sont les plus dures et que je ne les maîtrise pas complètement. Il a été vivant je le sais. Ce que je connais de lui se condense en une image. Ce n’est pas  l’image ordinaire d’une photographie qui aurait été fixée sur le papier. Non. Elle est, sans ambages* dans mon cœur, celle d’un paradis où l’univers est clos et si je n’ai pas su l’entretenir pendant ces heures  récentes d’un pauvre règne éphémère, l’idée me vient en écrivant, c’est que le temps y coule sans effraction comme l’eau d’un ruisseau de printemps.

 

* expression datée mais c’est comme ça.

 

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POEMES

La dame de Haute-Maison

 


22/05/2015
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POEMES

Un roi éclairé

 

C’est toutes des filles de garces. Pardonnez monseigneur. Une sacrée maladie garce qui se transmet bien au chaud de femelles de garces-mères en femelles de garces-filles. On pourrait bien les plaindre, des siècles d’oppression, d’éducation forcée avec le bel avenir, mère, fille des rues, bonne-sœur, alors trouve-toi un homme et vite ma fille, oui maman, c’est quand même mieux qu’un mac ou que le petit Jésus. Fais-lui faire deux, trois mômes, il n’osera plus bouger. Ah, la belle prise d’otages, sournoise, bénie par le curé ou par la république, au nom du père, du fils  ou au nom de la patrie, voire au nom de l’amour, ah chéri que je t’aime. La douce rigolade. Et même si c’est vrai, l’amour et balivernes quand les yeux de la femelle rencontrent ceux du promis, ça ne peut pas bien durer, vous avez bien raison, vous  connaissez les hommes. On se croirait en 14 et  la tranchée d’en face.  Est-ce une révolte ? Non, Sire, c’est la Révolution.  Ah, les belles tricoteuses. C’est toutes des filles de garces, croyez-moi monseigneur. Le terrain est miné, les sirènes et Circé Calypso, fuyez, fuyez carrosse, passez par la Lorraine, rendez-vous à Coblence ou à Sigmaringen. Nous autres les manants attendrons au château la pandémie des garces. Mais dîtes-moi, mon bon,  qu’en sera la médecine ? Ah  Sire, je ne sais pas, de nos pauvres faiblesses nous risquons de périr. La maladie des garces est une triste chandelle qui compte sa lumière pour des papillons grêles en quête d’une caresse ou d’un sourire absent comme les nourrissons dont les lèvres avides cherchent le lait manquant au sein de mères exsangues. Ah Sire, le lait, le sang. De ce  breuvage sacré, cet écoulement vital, voyez comme les garces-mères, voyez comme les garces-filles sont les grandes demoiselles. A genoux, chapeau bas, fiers banquiers de Londres, Amsterdam ou Florence, vous avez vos maîtresses ! De tous vos coffres forts, aucun n’est plus fermé que celui de leurs cœurs, à l’intérêt trompeur, à l’usure étudiée, c’est qu’il faut nous défendre, nous sommes si malheureuses, verset un, verset deux, de leur Bible juponnière, ah la belle affaire, je vous passe les cajoleries et leurs enluminures. Langue de garce voilà tout. Gardez-vous monseigneur de croiser le chemin d’une reine assoupie sous la liqueur filiale, oh le doux miel. Gardez-vous monseigneur. Sous la saveur sucrée de la ruche frémissante, vous n’auriez que l’amertume du fiel et votre cri de surprise, mais tu es une garce, pardonnez monseigneur, serait vite étouffé sous leurs dards silencieux. Car voyez-vous, doux Sire, les dards des femelles sont beaucoup plus puissants que tous les anneaux des rois. Leurs cours sont innombrables, leurs armées solidaires et pour les maintenir en ordre de bataille, point besoin de ducats, de louis ou d’assignats, la solde est inconnue au bataillon des garces, elles se paient sur la bête, gare aux bombes, elles se ruent à la guerre au nom de la liberté et de l’égalité et de leur beau miroir. Enviez, enviez, Seigneur, nos cousins de l’espèce animale, les lions et les taureaux qui tiennent leurs femelles sous le croc et la corne. Mais dans notre lignée, ces attributs royaux sont devenus risibles, le croc s’est réduit en canine pauvre dent enfantine, et la corne, oh Seigneur ! Voyez la perfidie ! Mais dîtes-moi mon bon, d’où vient tout ce malheur ? Sire, tant de reines-mères me viennent à l’esprit que celui-ci s’égare, ne sait laquelle choisir, celle-ci, celle-là. Dans nos passés de roture, le silence est la loi de ces garces de femelles orgueilleuses et honteuses. Une reine-mère atroce aurait-elle vécu aux temps immémoriaux que toute sa descendance couvrirait ses forfaits tandis que vous Seigneur, sous vos nobles coutumes et vos mâles traditions, votre cœur est couvert.  D’Aliénor l’intrépide, traîtresse à votre trône ou de l’atroce Catherine, vous ne balancerez pas et d’un geste royal écarterez leurs méfaits. Ainsi, mon beau doux Sire, vous pouvez préserver le message de douceur du Seigneur Eternel, oh la mâle douceur auguste et apaisante. Mais dîtes-moi mon bon, sont-elles si impies ? Hélas oui, doux Sire, leur douceur est factice, leur regard le plus tendre un amer trompe l’œil. Tout chez elles est tactique. Tel l’aimant qui attend l’aiguille métallique qui dépassera d’un pouce la zone interdite pour la rendre captive, elles ne pensent qu’au futur, leurs rêves les plus secrets sont notre cauchemar. Comment vais-je faire maman, dit la fille à sa mère ? Et celle-ci d’expliquer, boutiques, arrières boutiques et celle-là d’enregistrer, pensez donc monseigneur, c’est maman qui l’a dit.  Ce n’est pas la voix du Ciel, c’est la voix des femelles. Mais dîtes-moi mon bon, que se disent-elles entre elles ? Hélas, mon bon doux Sire,  il faudrait être femelle pour savoir leurs secrets. Langue de garce, âme de garce, cœur de garce. Ce n’est pas de la compassion qu’il faudrait pour pouvoir les comprendre, c’est de l’anéantissement, de la pulvérisation, polichinelle, pantin. La langue de la femelle est celle de la rumeur à l’œil accusateur et qui tisse une toile aux fils en désordre absolu. N’essayez pas, doux Sire, d’en démêler l’écheveau. Il vous faut d’Alexandre suivre le sage exemple qui trancha le nœud gordien. Hachez, hachez monseigneur les cordes des femelles et ne faiblissez pas, réduisez en morceaux, en tas, en cellules, en atomes et méfiez-vous toujours, les têtes des vipères bougent encore éloignées de leurs queues. Mais dîtes-moi mon bon, d’où vient leur méchanceté ? Sire, elle vient de leur ignorance et elles pensent. Elles pensent, résolues, audacieuses, effrontées. Elles pensent être  l’origine du monde, elles pensent être l’origine de la vie  alors qu’elles en sont les vestales mais elles sont si stupides, elles pensent être le mystère. Mais doux Sire entendez, c’est la vie qui est le grand mystère pas ces tristes femelles ! Mais dîtes-moi mon bon, c’est de la barbarie. Tout à fait, monseigneur. Il n’y a pas une loi humaine ou bien divine qui ne puisse les  stopper. Tout leur appartient et l’ombre et le rayon et les quatre saisons, elles s’unissent à l’été, elles s’unissent à l’hiver. Les dés sont tout pipés, désir, désir, désir, tel est leur étendard, leur credo, leur Veni Creator. Ça joue à la poupée dès que c’est tout petit, en veux-tu, en voilà, ça lance ses premiers mots, mange ta soupe, sois gentil, dis bonjour à maman, au baigneur impotent. Et le tour est joué sous l’œil bienveillant des femelles vieillissantes. Monseigneur c’est la honte. Je sais une femelle. Elle avait interdit à l’ensemble de ses filles tous les jeux de poupées. Le remords l’avait prise ? Hélas, non, doux Sire. Elle ne supportait pas l’écho de cette audience. Ce tribunal charmant résonnait de ses fautes. Car voyez-vous seigneur, tandis que la plupart de ces femelles bavardes est sans conteste sotte, une faible fraction est consciente et honteuse. Et muette. Oh comme elles se complètent ! De Charybde en Scylla ! Les garces ! Et c’est à l’unisson qu’en un accord parfait ou un accord tacite, celle-ci guidant celle-là, sous les ordres du cerveau ou de quelque fonction, on continue sa sape, on poursuit sa bataille, on se reproduit encore. Ecoutez la musique, on aime tant se reproduire. Mais dîtes-moi mon bon, c’est une triste chanson. Oh oui,  mon doux seigneur, c’est la chanson des femmes, une chanson sans couplet, c’est la chanson truquée engloutie dans le refrain, se reproduire. Elles diront ces femelles, c’est la loi de la nature. La nature ! Enlevez tous les portraits, aquarelles, huiles, crayon, croyez-moi mon doux Sire, de vos habiles artistes, enlevez tous les tableaux de toutes ces  femelles, pour ne garder que ceux de l’ensemble de vos pères, de votre illustre gloire, et vous verrez doux Sire, elles seront toute affolées. Ça s’effondre sans images, savez-vous. Les lionnes vont au lac pour se désaltérer, la femelle archaïque s’y rend pour s’admirer. La nature ! Mais dites-moi mon bon ont-elles tant d’artifices ? Hélas oui, doux Seigneur, filles, mères, sœurs ou maîtresses, jalouses ou bien cruelles, elles agacent frères, époux, enfants et se livrent à l’ivresse de leur propre puissance. Elles s’aiment, elles s’aiment, tant,  à en haïr le monde. Toute la vie, elles exercent leur pouvoir avec la présomption de leur belle jeunesse à qui la discipline a complètement manqué et comme un fruit caché qui serait parvenu à la maturité sans qu’on s’en aperçut et se détacherait soudainement de l’arbre, il est toujours un temps où même la plus sage se révèle enfin. Ne croyez pas doux Sire, la femelle égoïste, non, on pourrait l’amender. Sa nature est tout autre et c’est l’égocentrisme. Ainsi elle perturbe l’univers, puissamment, inexorablement, dans l’ombre ou la lumière. Quel que soit son reflet, la Lune tient la mer. Mais dites-moi mon bon, s’il m’arrivait un jour, la reine, mes favorites, d’entretenir quelques doutes. Oh Sire, je vous disais tantôt la langue des femelles. C’est la langue indiscrète. Aussi ne laissent-elles échapper le secret de leur commerce. Eclairez moi mon bon. D’abord mon bon doux Sire, il vous faut la prudence, pour éviter leurs larmes, les femelles croient qu’elles les dédommagent, pour éviter leur rage, la fureur du loup pris lui fait autant de mal que la mâchoire du piège. Continuez mon bon. Et bien mon doux Seigneur, puisque vous êtes le roi, comptez sur vos valets et sur vos domestiques. C’est par eux que sont conduites les intrigues de ces femmes au château et jamais l’une d’elles ne s’embarquera en affaire lorsqu’elle aura sujet de s’en défier. Si la conduite de la reine, pardonnez monseigneur, ou d’une de vos favorites vous devient suspecte, appelez dans votre chambre, après le retour de la ville ou le retour de madame, un de ceux qui seront restés au logis pendant votre absence ou qui l’auront suivie lors de ses visites. Laissez le attendre un moment et renvoyez le sans lui avoir rien demandé ni donné aucun ordre. La dame, curieuse et craintive, voudra savoir d’abord pourquoi il aura été mandé, et ne croyant pas ce qu’il lui répondra, c’est-à-dire qu’il a été mandé pour rien, elle ne doutera pas qu’il ne la trahisse et le prenant pour un fidèle espion de ses actions, elle s’abstiendra de tout ce qui pourrait en déshonorer le rapport. Quelle habileté, je vous remercie mon bon. A vos ordres monseigneur. Mais vous savez doux Sire, c’est parce que les hommes ne sont pas  hommes qu’ils perdent leur temps à parler des femmes ainsi.        

 

Un roi éclairé        JIMMY (reprise du texte en alexandrins) 

 

 

C'est une maladie, c'est une sombre farce, 
Sire, elles sont toutes de la race des garces, 
C'est un gène transmis par chaque garce-mère
A sa garce de fille: un héritage amer.
Des siècles d’oppression, on pourrait les en plaindre,
Education forcée pour quel but à atteindre ?
Mère ou femme des rues, ou bonne-sœur aigrie,
Trouve-toi donc un homme au plus tôt ma chérie,
Ce sera mieux qu’un mac ou que l’enfant Jésus,
« Oui maman » et la lèvre un peu moins décousue.
Fais-lui faire aussitôt deux enfants, sabotage :
Il n’osera  bouger, oh la prise d’otages
Bénie par le curé ou par la République,
Au nom du très saint père ou l’intérêt public,
Voire au nom de l’amour, ah chéri que je t’aime.
La douce rigolade, et franche quand bien même :
C’est vite baliverne et dure la saison.
-Vous connaissez bien l’homme et vous avez raison.
On se croit en quatorze et la tranchée adverse,
S’agit-il de révolte aux manœuvres perverses ?
Éclairez-moi mon bon.
-Hélas non, mon doux Sire
Le mal est plus odieux, écoutez fort cette ire,
C’est la Révolution, vile et déterminée.
Croyez-moi Monseigneur, le terrain est miné,
Calypso et Circé, prenez garde aux sirènes,
Sauvez-vous Majesté, passez par la Lorraine,
Fuyez, fuyez carrosse ou fuyez Volkswagen,
Rendez-vous à Coblence ou à Sigmaringen.
Nous autres les manants et modestes comparses
Attendrons au château la pandémie des garces.
-Mais dites-moi mon bon, qu’en sera le remède ?
-Ah Sire je l’ignore, et Dieu nous vienne en aide,
Nous risquons de périr de nos pauvres faiblesses,
Car cette maladie que portent les diablesses
Est bien triste bougie, est bien pingre chandelle,
Qui compte son éclat pour des papillons grêles
En quête de caresse ou d’un sourire absent,
Comme les nourrissons cherchent en gémissant
Le lait manquant au sein de leurs mères exsangues ;
Ah le lait, ah le sang, juste dessous la langue !
Et par ce fluide saint au sein de la famille,
Voyez la garce mère et sa garce de fille
Se changer malgré nous en d’importantes dames.
A genoux, chapeau bas, fiers banquiers d’Amsterdam
De Florence ou Paris, vous avez vos maîtresses !
De tous les coffres forts, c’est leur cœur de traîtresse
Qui est le plus fermé, qui est le plus trompeur,
Son usure étudiée est piège de trappeur.
« C’est qu’il faut nous défendre et nous protéger d’eux,
Si grands sont nos malheurs » ; verset un, verset deux,
Leur Bible juponnière et sa belle reliure,
De leurs cajoleries à leurs enluminures,
Tissu de fourberies sur du beau parchemin.
Gardez-vous Monseigneur de croiser le chemin
D’une reine assoupie sous la liqueur filiale,
Oh le doux miel, danger, le goût en est fatal ;
Sous la saveur sucrée de la ruche entreprise
Vous n’auriez que le cri amer de la surprise :
« Mais tu es une garce ! », et puisque judicieux,
Serait vite étouffé sous leurs dards silencieux.
Car voyez Majesté, leur aiguillon adroit
Est beaucoup plus puissant que tous les sceaux des rois.
Leurs Cours sont infinies, leurs armées sont de taille,
Et pour les maintenir en ordre de bataille
Les simples citoyens, les bandits, les magnats,
Point besoin de ducats, de louis ou d’assignats,
La solde est inconnue dans l’avant-garce : niet,
Elles ont toujours su se payer sur la bête
Et courent au combat les lèvres écartées
Au nom de la justice et de la liberté
De la fraternité et de leur beau miroir.
Enviez, enviez, Seigneur, nos cousins du terroir,
Les taureaux et les lions qui tiennent leurs femelles
Sous la corne et le croc, tout doux porte-mamelles.
Mais dans notre lignée, ces armes invincibles,
Ces attributs royaux, sont devenus risibles :
Le croc s’est vu réduit en modeste canine,
Petit morceau d’émail, pauvre dent enfantine,
Et la corne, oh Seigneur ! Voyez la perfidie !
- Mais dites-moi mon bon, d’où vient la tragédie ? 
- Ah c’est que, noble roi, la liste est peu sommaire,
Me viennent à l’esprit tant de ces reines-mères
Que mon esprit s’égare et devient incapable
De désigner laquelle en fut la plus coupable.
Le silence étant loi parmi les tricoteuses,
L’orgueil ayant scellé leur vieille secte honteuse,
Je ne saurais répondre à votre Majesté.
Quelque matrice atroce aurait-elle existé
En des temps reculés, que toute son engeance
Couvrirait ses forfaits avec intelligence,
Tandis que vous Seigneur, sous vos us souverains,
Vos mâles traditions, votre cœur est serein.
Catherine, Aliénor, infâme ou déloyale,
Point ne balancerez, et d’un geste royal
Chasserez leurs méfaits ; ainsi monarque sage,
Vous pouvez préserver  le bienveillant message
Du Seigneur Éternel : douceur, philanthropie.
- Mais dîtes-moi mon bon, sont-elles si impies ?
- Hélas oui, Majesté, leur douceur est factice
Leur regard le plus tendre un profond précipice,
Un amer trompe-l’œil, et dessous la coquille
Elles sont des aimants attendant que l’aiguille
Restée trop près du seuil vienne à le dépasser
Pour la rendre captive ; et ces gallinacées
Ne pensent qu’au futur ! Leurs rêves et mystères  
Sont notre cauchemar. « Maman que vais-je faire ? »
Dit la fille à sa mère, en candide jeunotte,
Et celle-ci explique, et celle-là prend note,
Pensez donc Monseigneur, c’est maman qui l’a dit,
S’y plier garantit l’entrée au paradis ;
Et point de voix du Ciel, c’est la voix des femelles.
-Mais dites-moi mon bon, que se racontent-elles?
-Hélas, mon doux Seigneur, leur silence est vainqueur,
Garce de langue et d’âme, et garce dans le cœur ;
Là où la compassion échoue à les comprendre,
L’anéantissement, la réduction en cendres,
Pantin, Polichinelle, ont de meilleurs succès :
Il faut être des leurs pour y avoir accès.
Car la langue femelle est celle des rumeurs
A l’œil accusateur, à la sinistre humeur,
Et qui tisse une toile où l’ensemble des fils
Est en parfait désordre, où il est inutile
De dénouer l’écheveau le défi entreprendre.
Il faut suivre l’exemple du sage Alexandre
Qui d’un coup assuré trancha le nœud gordien,
Hachez, hachez Seigneur ces quelques maudits liens
Entre mâle et femelle, et ne faiblissez guère,
Réduisez en morceaux, en poudre, en tas vulgaire,
Et méfiez-vous toujours, car vipères de corps,
Eloignée de la queue leur tête bouge encore !
- Mais dites-moi mon bon, d’où vient leur malfaisance ?
- Elle vient Monseigneur de leur grande ignorance :
Elles croient, résolues, être sous leur hymen,
L’origine du monde, de la vie humaine,
Elles en sont pourtant les honorées vestales,
Mais montent en courant sur le haut piédestal
Réservé au mystère ; elles sont si stupides.
Parmi tous les secrets, quel est le moins limpide ?
C’est bien sûr Majesté celui de la vie même !
Le mystère femelle est une blague extrême. 
- Mais dites-moi mon bon, c’est de la barbarie !
- Tout à fait, Monseigneur. Et point de plaidoirie.
Aucune loi de l’homme, aucun dogme chrétien
Qui puisse les stopper ; car tout leur appartient :
Et l’ombre et le rayon, et les quatre saisons,
Ensemble dans l’hiver comme à la floraison.
Les dés sont tous pipés, désir, désir, désir,
Tel est leur étendard exhibé à loisir,
Leur credo éternel, leur Veni Creator,
Auquel les nouveau-nées sont initiées à tort.
Ça joue à la poupée dès que c’est tout marmot,
En veux-tu, en voilà, lance ses premiers mots,
« Sois gentil, fais tes nuits, finis ta soupe, attends,
Dis bonjour à maman » ; oh baigneur impotent !
Ainsi le tour est joué, toujours obéissantes   
Au regard bienveillant de garces vieillissantes.
C’est honteux Monseigneur. Je sais une femelle
Qui avait interdit de manière formelle
Tous les jeux de poupées à sa progéniture.
-Etait-ce le remord qui dictait sa droiture?
-Hélas non, Majesté ; ses bribes de conscience
Ne pouvaient supporter l’écho de cette audience,
Ce tribunal charmant résonnait de ses fautes.
Parfois la lumière entre et le bon sens tressaute,
J’entends par là Seigneur, si la plupart d’entre elles
Sont l’archétype idiot de bavardes femelles
Une faible fraction est consciente et honteuse
Et muette il va de soi ; silence de fauteuse.
Voyez donc Majesté comme elles se complètent !
L’accord en est tacite et l’entente parfaite :
Disons que celle-ci guidera celle-là,
Voyez comment Seigneur, de Charybde en Scylla,
Sous l’ordre du cerveau ou de quelque fonction,
Ça continue sa sape et sa révolution,
Se reproduit encore, oh que l’on aime tant,
Se reproduire, en chœur, c’est un air entêtant.
-Mais dites-moi mon bon, quelle musique infâme!
- Oh oui, mon doux seigneur, c’est la chanson des femmes,
C’est un chant sans couplet, c’est un chant utérin,
Ou l’air « se reproduire » en guise de refrain
Engloutit la chanson, en truque l’écriture ;
Elles diront ces garces, c’est la loi, la nature.
La nature ! Enlevez  de ces tristes femelles
Tous les portraits, crayons, huiles et aquarelles,
De vos peintres adroits et vos graveurs hors-pair,
Pour ne garder que ceux de vos illustres pères,
De votre auguste gloire, et, Sire auréolé,
Vous les verrez sitôt grandement affolées,
Leur être, sans reflet, s’effondre et se fracture,
Et qui ose invoquer la loi de la nature ?
Quand la lionne est au lac pour se désaltérer,
La femelle s’y rend afin de s’admirer !
- Mais dites-moi mon bon, ont-elles tant de vices ?
- Hélas oui, doux Seigneur, grands sont leurs artifices,
De mère en fille, en sœur, en maîtresse, trop fières
Leur cruauté jalouse agace tous, les frères
Les époux, les enfants, et se livre en ce sens
A l’ivresse impunie de leur propre puissance.
Elles s’aiment si fort, à en haïr le monde,
Exerçant chaque jour leur liberté féconde 
Avec la présomption de leur belle jeunesse,
Qui de la discipline a manqué la finesse,
Et comme un fruit caché qui serait parvenu
A la maturité sans qu’on s’en aperçut
Et se détacherait brusquement du branchage,
Il est toujours un temps ou même la plus sage
Se révèle à nos yeux. Mais point ne prétendez
La femelle égoïste, on pourrait l’amender.
Sa nature est toute autre ; un grand égocentrisme
La fait tout entreprendre à travers son seul prisme.
Et c’est ainsi, Seigneur, sans la moindre pitié,
Que perturbe la vie et l’univers entier,
Inexorablement, dans l’ombre et la lumière :
Quel que soit son reflet, la Lune tient la mer.
- Mais dites-moi mon bon, s’il m’arrivait ensuite
De douter de la reine ou de mes favorites ?
- Je vous disais tantôt la langue des femelles.
C’est la langue indiscrète, aussi ne laissent-elles
Echapper le secret de leur sombre trafic.
- Eclairez-moi mon bon.
                                       -Oh oui, Roi magnifique.
Il faut être prudent au milieu de l’orage
Pour éviter leurs pleurs qui déguisent leur rage,
- Continuez donc mon bon. Comment y réussir ?
- Et bien mon doux Seigneur, voici mon noble Sire :
En tant que souverain, du château dynastique
Comptez sur les valets et sur les domestiques,
Car c’est tout autour d’eux que naissent les intrigues
De quelque châtelaine à l’affaire prodigue,
Que la garce jamais n’osera planifier
Dès lors qu’elle aura d’eux matière à se défier.
Si l’action de la reine, excusez Majesté,
Ou quelque favorite à l’honneur attesté
Vous devient trop suspecte et semble enténébrée,
Appelez simplement, seul dans votre chambrée,
Lors de votre retour de la chasse ou la ville,
Ou celui de madame, un des valets serviles
Restés entre ces murs au long de votre absence 
Ou l’un de ses laquais qui suivait ses vacances.
Laissez-le un moment et sans vous commander
Renvoyez-le sans rien lui avoir demandé !
Point de question, ni d’ordre, et vous verrez madame
Apeurée et curieuse accourir au quidam
Pour chercher la raison de tel conciliabule,
Et ne le croyant pas -simple esprit de calcul-
Lorsqu’il lui répondra qu’il fut mandé pour rien,
Prendra ses mots pour ceux d’un traître et d’un vaurien
Espion de ses actions, et s’abstiendra alors
De tout ce qui pourrait en ternir le rapport.
- Quelle astuce mon bon, je vous suis débiteur !
- Je suis, sage Seigneur, votre humble serviteur.*
Cependant Majesté, c’est féminin ramdam
Que perdre ainsi son temps à parler de ces dames
Je vous dirai demain semblable litanie
 
Au sujet masculin de nos lâches manies.
 

 

Du même auteur :

REGNES

La dame de Haute-Maison

 


14/05/2015
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